Je ne sais plus ce que je fis le lendemain, un travail de routine probablement, ou peut-être rien du tout, peut-être que je restai seulement à contempler un écran d'ordinateur, le regard vide, maniant le curseur d'une fenêtre à l'autre, sans but.
Le mardi matin, vers dix heures, Anne-Marie passa devant mon bureau.
- Tu viens prendre la pause-café ?
Constatant mon absence de réponse, elle prit une chaise et s'assit auprès de moi.
- Qu'est-ce que tu as, toi ? Tu n'es que l'ombre de toi-même ces temps-ci.
- Rien. J'ai l'esprit un peu embrumé, c'est tout. Ce doit être à cause de la pluie.
Elle me regarda un moment, secouant légèrement la tête. J'éclatai en sanglots et elle me prit dans ses bras. Je lui racontai comment Fassin avait abusé de moi. Elle me comprit. C'est alors que je me rendis compte à quel point j'avais été seule, depuis si longtemps, sans que personne ne me considère vraiment, avec cette attention simple que l'on porte à un autre être humain.
- Attends, dit-elle, tu vas voir, il ne va pas s'en tirer si facilement.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Que je compte bien lui jouer un petit tour à ma façon. Hmmm... oui, je sais ce qui pourrait marcher.
Je contemplai, estomaquée, Anne-Marie en train de déboutonner les deux premiers boutons de sa chemise. Elle me fit un petit clin d'oeil et fit glisser ses collants ainsi que sa petite culotte le long de ses jambes, pour les ranger ensuite dans son sac. Elle portait une jupe fendue sur le côté.
- Suis-moi.
Nous nous rendîmes dans la petite cuisine où se trouvait la machine à café. Elle prit simplement un plateau et se dirigea ensuite vers le bureau de Fassin.
- Reste là et observe en cachette.
Elle frappa à la porte et ouvrit sans attendre. Fassin, comme d'habitude, était rivé à son écran ; il jeta un bref coup d'oeil inquisiteur à l'intruse, puis un second coup d'oeil curieux un tout petit peu plus long, son cerveau ayant enregistré sa tenue légère. Anne-Marie entreprit de rassembler les tasses vides qui traînaient un peu partout. Penchée à la hauteur de Fassin, elle lui laissa le temps d'apprécier son généreux décolleté, avant de reprendre son plateau plein et de déclarer avec un charmant sourire :
- Il n'y a plus de tasses dans la cuisine. Ne te dérange pas, je reviens tout de suite chercher celles qui restent.
Elle sortit avec une démarche ondulée légèrement déhanchée, et je dus vite me cacher lorsque Fassin se retourna pour poser son regard sur son postérieur et ses jambes nues.
En revenant de la cuisine avec son plateau vide, elle me fit un petit clin d'oeil et déboutonna encore un peu plus sa chemise avant de pénétrer à nouveau dans le bureau de Fassin. Les tasses qui restaient se trouvaient du côté de la fenêtre, derrière lui. Il fut obligé de reculer un peu sa chaise pour la laisser se faufiler. Elle prit tout son temps. Lorsqu'elle se pencha, cela découvrit une partie de son dos et le haut de ses cuisses. Il la toucha au niveau des fesses.
- Holà ! Il faudra attendre demain mon chou ! Tu es impatient ?
- Non...
- Menteur, tu es déjà tout dur !
Je ne pouvais pas voir ce qu'elle faisait exactement, mais c'était au niveau de l'entrejambe de Fassin.
- La bête m'a l'air d'être en pleine forme ! Je me réjouis pour demain... tiens, pour lui donner un peu l'eau à la bouche...
Elle fit des petits mouvements rapides avec ses mains. Fassin se laissa faire ; son expression changea au fur et à mesure, passant de l'hébétement à la béatitude. Le visage d'Anne-Marie disparut de mon champ de vision lorsqu'elle se mit à genoux. Puis elle se redressa brusquement, affichant une expression de dégoût :
- Mais ! Tu ne t'es pas lavé !
- Si... hier, fit-il d'une petite voix hésitante. Viens...
- Non, non, ça suffit.
En essayant de se relever, elle heurta une tasse, qui tomba et roula sur le plancher.
- Zut ! En plus il restait un fond de café.
Elle prit un chiffon sorti d'on ne sait où et se mit à quatre pattes pour nettoyer la tache de café.
- Mais où est donc la petite cuiller ? Elle a dû glisser sous le bureau...
Fassin était complètement hypnotisé. Il se mit à genoux derrière elle, passa ses mains sous sa jupe et lui caressa les fesses, les hanches, le ventre ; elle ne protesta pas, apparemment toujours à la recherche de la petite cuiller. De fil en aiguille, Fassin dut se dire que ces fesses qui remuaient contre lui étaient là pour lui et qu'il n'avait qu'à les prendre ; il sortit son membre viril, lui écarta légèrement les jambes et se mit en position.
- Aïe ! Ça fait mal ! Qu'est-ce que tu fais ?
Elle se releva et reprit son plateau.
- J'espère que demain tu te montreras plus délicat... et plus propre !
Elle fit une sortie théâtrale, le laissant interloqué, pantois, pendant. Elle me prit par le bras et m'entraîna jusqu'aux toilettes. Nous nous enfermâmes dans l'un des deux cabinets et nous laissâmes aller à un bienfaisant fou-rire.
- Attends, dit-elle après quelques minutes. Chut...
Nous fîmes silence, pouffant et gloussant comme des gamines. Puis nous entendîmes des pas. Quelqu'un entra dans le cabinet d'à côté. L'eau du lavabo coula un moment ; des serviettes furent chiffonnées. La personne sortit sans avoir tiré la chasse d'eau. Nous guignâmes dans le couloir : c'était bien Fassin, qui était venu faire sa petite toilette. Lorsqu'il eut disparu, nous repartîmes dans un fou-rire incontrôlable.
Nous eûmes des nouvelles de Semona et Madan en fin d'après-midi. Tout allait pour le mieux, leur stand attirait pas mal de monde. Semona étant beaucoup trop occupée, ce fut Anne-Marie qui se chargea d'organiser la réunion du lendemain. Elle proposa l'idée des gages à deux. Elle prépara cinq récipients contenant des petits billets : les deux premiers récipients contenaient nos prénoms (hommes et femmes, respectivement) et les trois autres des gages à effectuer, des moins osés aux plus coquins. L'idée était simple : piocher un couple au hasard et lui faire faire quelque chose au hasard tandis que les autres regardaient, puis remettre les billets dans leurs récipients et recommencer.
Semona et Madan arrivèrent un peu en retard à la réunion, puis cela nous prit un bon quart d'heure avant d'obtenir une bonne connexion vidéo. Nous pûmes enfin voir leur image apparaître. Ils se trouvaient dans une chambre d'hôtel ; eux, ne pouvaient nous voir qu'à travers le petit écran d'un laptop.
Je me sentais d'humeur frivole cet après-midi là, tout à fait appropriée au jeu qui allait commencer. La mauvaise mine de Fassin, qui semblait avoir mal dormi, accentua ma bonne humeur. Argus et Anne-Marie, comme à l'ordinaire, avaient la langue bien pendue et le rire facile ; les plaisanteries fusèrent, du moins tout au long de la première heure, où les gages, sans être bien méchants, nous mettaient dans des situations assez coquasses. Par exemple, Jarmi dut déshabiller Argus, mais comme il avait presque deux têtes de plus qu'elle et s'obstinait à rester debout, elle fut obligée de monter sur une chaise, mais il profita de son équilibre précaire pour lui pincer les fesses. Ensuite, Madan dut chatouiller Semona ; il essaya plusieurs techniques qui ne firent pas le moindre effet, avant de découvrir que Semona n'était chatouilleuse qu'à un seul endroit : le ventre ! Puis, Omanetter fut chargé d'ôter mon soutien-gorge en moins de dix secondes ; il y parvint en trois secondes avec une seule main, et dès lors fut surnommé "l'Expert". Et ainsi de suite jusqu'à 14h15.
Nous passâmes alors aux gages niveau 2 : lécher les seins, caresser les testicules, masser les fesses... ce genre de choses. À force de cajoleries, je commençai à avoir furieusement envie d'une bonne partouze. C'est terrible à dire, mais c'est la vérité : il n'y avait plus que la baise qui comptait ce jour-là ; j'avais chassé de mon esprit toute autre considération.
Le premier gage niveau 3 tomba sur Anne-Marie et Omanetter : je crois qu'il s'agissait d'effectuer trois pénétrations dans trois positions différentes. Puis ce fut au tour de Fassin et moi-même : je dus me mettre à genoux et lui sucer le gland tandis qu'il restait debout. Fort heureusement, il avait prit soin de son hygiène ce jour-là, mais je me sentis maladroite : cela ne me plaisait pas de me retrouver dans cette position de soumission après ce qu'il m'avait fait. Nous contemplâmes ensuite Madan et Semona. Il dut lui donner dix fois dix coups, répétant le schéma suivant : neuf rapides en surface, un long et profond. Ce fut chaud ! Pour le prochain gage, Fassin se fit à nouveau sucer, mais par Jarmi cette fois-ci. Ensuite, Argus dut rester en moi durant une minute sans bouger ; il bougea quand même un peu, mais quel délice ! Et par chance, le prochain gage tomba encore sur moi : Omanetter dut me pénétrer et me sucer un sein en même temps. Il profita de ses mains libres pour me serrer les hanches, et je profitai des miennes pour me caresser moi-même le clitoris. Il nous fut impossible de nous arrêter, et sous les yeux de nos collègues, nous allâmes jusqu'à l'orgasme, que nous partageâmes sans retenue.
Une sorte de remue-ménage attira mon attention : Fassin avait renversé une chaise. Il quitta la pièce en titubant. Son visage était d'une pâleur mortelle. Les toilettes se trouvaient juste à côté ; nous l'entendîmes s'y précipiter pour vomir.
- Il doit être malade, dit Argus. C'est pas bien, ça, de se forcer quand on est pas en état !
Cela nous ficha quand même un sacré coup de froid. Durant le reste de la séance, je crois que seulement Madan et Semona prirent vraiment leur pied ; ils n'avaient probablement pas suivi l'incident, et nous pûmes assister en direct à leurs ébats prolongés, projetés en gros plan contre le mur.
Philippe Mermod 2009-12-23