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Le lendemain, je fus surprise de voir Fassin arriver avec les cheveux courts et la barbe réduite à sa plus simple expression, taillée avec soin. Ça le changeait vraiment ! Tout en ne lui ôtant pas son côté farouche, cela lui donnait un air plus noble, plus responsable.

Nous nous mîmes donc au travail. Comme nous avions à présent un but précis, tout s'enchaîna à un rythme effréné.

Ce fut pendant cette période que mon mari Hérald assuma son nouveau poste à Farente. Le soir de son arrivée, je lui sautai dessus avec une ardeur presque exagérée ; j'en redemandai même le lendemain matin, le chevauchant à son réveil. Il en fut enchanté, ou pour reprendre ses propres termes, «délicieusement surpris». La semaine qui suivit, je pris quelques jours de congé pour emménager dans notre nouvel appartement.

Un jour, Semona demanda à me voir en privé dans son bureau.

- Bonjour Cynthia. Vous savez que nous avons une réunion de type érotique ce mercredi. Eh bien, il se trouve que nous ne serons que deux femmes : Anne-Marie est grippée, chez elle avec quarante degrés de fièvre, et Jarmi aura ses règles. Deux hommes pour chaque femme, donc, moi je trouve que c'est une aubaine, mais je préfère vous demander avant... ?

Mon coeur se mit à battre très fort.

- Cela ne me gêne pas s'ils sont gentils avec moi...

- Ils le seront. Mais comme j'ai probablement un peu plus d'expérience que vous de ce genre de situation, j'aimerais vous conseiller sur l'attitude à prendre.

- D'accord, je vous fais confiance.

- Il faut d'abord les faire languir un peu. J'ai pensé organiser une sorte de petite compétition un peu bête, pour les tenir en haleine, durant laquelle ils ne pourront pas nous toucher ; pendant ce temps, rien ne nous empêche des les aguicher un peu, quitte à leur faire un petit streap-tease ou quelque chose du genre, histoire de les déconcentrer ; mais c'est le gagnant qui pourra nous prendre en premier, vous voyez un peu le dilemme ? Ça vous dit ?

- Oui, c'est amusant !

- Très bien ! Mais ensuite, c'est très important de finalement leur donner ce qu'ils veulent. Le mieux, c'est qu'une fois le jeu terminé, nous nous offrions entièrement et les laissions nous prendre et nous reprendre à leur guise. Vous verrez, avec eux on ne peut pas se sentir souillée ni abusée, mais plutôt honorée, affirmée. Pensez-vous être capable d'un tel abandon ?

- Oui, pourquoi pas.

- Croyez-moi, si l'abandon est total et sans réticences, vous pourrez vous concentrer sur votre plaisir, et aussi la satisfaction d'être tellement voulue par ces hommes, des types vraiment bien de surcroît. Et eux aussi seront ravis ; tout le monde y trouve son compte !

Quelques heures plus tard, je reçus le communiqué habituel intitulé «Réunion du 4 août» :


Chers collègues, 

Anne-Marie et Jarmi étant 
indisposées, cette fois-ci, nous 
ne serons que deux femmes pour 
la réunion de mercredi. Nous sommes
d'accord pour qu'elle ait lieu 
malgré tout. Le thème sera 
"Grand Prix Félicité". 

Voici le schéma : 

13h00-13h30 : 
les hommes font une petite 
compétition pour déterminer qui 
commence. 

13h30-14h00 : 
les deux gagnants ont le feu vert.
 
14h00-16h00 : 
tout le monde a le feu vert. 

Une fois n'est pas coutume, 
il n'y a pas d'autres règles. 

Si vous avez d'autres suggestions 
par rapport au schéma, n'hésitez pas. 

Cordialement,

Semona

Entre ce moment et celui de la réunion, je sentis à nouveau les regards de Fassin sur moi ; cela n'était pas arrivé depuis la dernière fois. Ainsi, il manifestait toujours de l'intérêt à mon égard ! C'était à la fois troublant et gratifiant.

À treize heures ce mercredi, Semona et moi entrâmes dans la salle de réunion accompagnées de quatre hommes. Une fois le matelas installé, Semona fouilla dans son sac et en sortit une petite boîte contenant des cartes carrées. Elle les renversa sur la table. Sur l'une des faces, elles représentaient des femmes nues dans diverses positions.

- J'ai trouvé ça dans un magasin de souvenirs : c'est un jeu de mémory. Vous allez jouer en trois manches. À chaque manche, le vainqueur a trois points, le second deux points, le troisième un point et le dernier zéro point. Les deux joueurs qui ont le plus de points au terme des trois manches remportent nos faveurs. C'est parti !

Le jeu commença. Fassin avait les yeux rivés sur les cartes. Madan était calme et silencieux, et Argus plaisantait, comme à son habitude, faisant des commentaires sur l'anatomie des femmes représentées. Omanetter semblait faire des efforts de concentration surhumains, son regard alternant entre le jeu, Semona, et moi. Il faut dire que nous faisions tout pour attirer leur attention : nous nous penchions sur le jeu de sorte à leur donner une vue plongeante sur les décolletés de nos chemises ; nous nous asseyions sur leurs genoux pour venir effleurer leurs visages de nos lèvres entrouvertes ; nous nous placions derrière leurs chaises et promenions nos mains sur leurs poitrines et un peu plus bas...

Fassin, imperturbable, remporta facilement la première partie, second Argus à égalité avec Madan. Pendant la seconde partie, Semona et moi entreprîmes de déboutonner nos chemises. Je demandai à Fassin de m'aider à ôter mon soutien-gorge, mais il refusa, et ne céda pas malgré mon insistance. Argus le fit de bon gré, mais cela lui fit rater ce qui s'était fait ce tour-là. La poitrine dénudée, nous nous promenâmes autour d'eux à genoux. Semona alla jusqu'à déboutonner le pantalon de Fassin : il se laissa faire mais sans se détourner du jeu. Il gagna malgré tout la deuxième partie, second Madan, troisième Omanetter.

Nous ôtâmes nos jupes, puis nous nous allongeâmes sur le matelas, prenant des positions d'invitation ouverte. Semona me prit dans ses bras et m'embrassa ; je répondis en frottant sensuellement mon bassin contre elle. Les hommes nous regardèrent avec un air estomaqué ; sauf Fassin qui restait rivé sur le jeu. Il gagna aussi la troisième manche, deuxième Madan, troisième Argus et dernier Omanetter qui suait à grosses gouttes. Fassin et Madan avaient le plus de points. Semona et moi n'avions conservé que nos chemises ouvertes et nos petites culottes.

- Je prends Cynthia, ça te va ? demanda Fassin.

- Pas de problème, dit Madan, Semona me fait tout aussi envie. Je prendrai Cynthia au deuxième tour.

Fassin me regarda, un brasier ardent dans les yeux. Il laissa son pantalon et son caleçon tomber au sol, découvrant un sexe dressé au milieu d'une épaisse touffe noire. Cette vision me fit un effet étrange, m'inspirant à la fois la crainte et le respect. Il se débarrassa du reste de ses vêtements et s'approcha de moi. De son côté, Madan, après avoir surélevé le bassin de Semona grâce un coussin et passé ses jambes par-dessus ses propres épaules, jouait à lui lécher l'intérieur cuisses. Fassin trouva l'idée bonne et plaça lui aussi un coussin sous mes fesses, tout en retirant habilement ma petite culotte.

Fassin ne me dégusta pas : il me dévora toute crue, de la même façon qu'un homme assoiffé pourrait mordre dans un quartier de pastèque bien juteux. J'étais à sa merci et il ne se gênait pas de me saisir fermement, de me sucer avidement là où cela lui faisait envie, et de me pénétrer par coups profonds et déterminés. Comme Semona me l'avait recommandé, je me laissai faire et me concentrai sur les sensations multiples qu'un tel traitement imposait à mon corps. Lorsque le rythme s'accéléra, je me surpris moi-même à pousser de petits cris ; je ne sais plus très bien en vérité ce que je fis exactement, je devais être presque en transe. Un moment dont je me souviens, c'est lorsque quelqu'un m'essuya l'entrejambe avec une petite serviette ; et juste après cela, Omanetter était devant moi, son énorme sexe prêt à l'action. Je replongeai vite dans un état d'abandon total de mes sens ; je crois que j'atteignis le paroxysme de l'extase peu de temps après, mais mon état dura encore tant qu'il restait des hommes à même de me pénétrer. La deuxième fois qu'un homme fait l'amour, il prend vraiment son temps, et ils étaient quatre, alors...

Ce soir-là, je rentrai chez moi tout emplie des odeurs, de l'ivresse et de la semence de ces hommes que je ne pouvais qualifier autrement que de merveilleux. Je tâchai de cacher tant bien que mal ma béatitude à mon mari. Je me prélassai longuement dans un bain chaud, et me couchai tôt, douillettement emmitouflée sous les couettes.

Philippe Mermod 2009-12-23